Six ans environ que je suis sur cette terre gauloise! six ans et chaque année qui passe, je me disais qu’il ya sûrement une aberration et que le système basé naturellement sur les « droits de l’Homme » va finir par l’emporter sur cette espèce de « fossiles » politiques injustes qui poussent dans tous les champs et dans toutes les terres dites « bénies » par les valeurs humanistes les plus justes! Mais apparemment mon regard « persan » adopté par Montesquieu au XVIII ème siècle que j’ai posé sur ma propre société depuis que je l’ai quittée est toujours le même…haine et racisme sociaux dévorent ce pays et me rappelle que la dictature de mon pays n’est pas toujours derrière moi et mon rêve est devenu désormais utopique. Oui, je peux le dire, cette grande civilisation et cette longue histoire de combat libre que j’ai étudiés dans les livres et que j’ai lus sur les documents sont révolus et que reste t-il de cette grandeur que des manuscrits classés dans des rayons poussiéreux? Je dis cela amèrement et avec un grand regret, car j’aime cette civilisation et ce pays. Mais ce que je vois aujourd’hui me fait froid au dos, surtout du point de vue politique et social, ce déchirement et cette violence, cette envie farouche de condamner l’autre, de l’expulser de la terre humaine et de le réduire à un travers vestimentaire qu’il n’a pas parfois choisi…tout cela me révolte et je le précise, je n’appartiens à aucun parti politique et à aucune secte religieuse…Je suis tout simplement humaniste et c’est dans cet humanisme que je me reflète et que j’adopte jusqu’à la fin de ma vie. je vous raconte juste la dernière des bêtises humaines: quelqu’un qui prétend être de l’ancienne génération française s’insurge dernièrement et j’ai bien assisté au débat, contre les musulmans qui ne travaillent pas pendant les fêtes chrétiennes, car pour lui, ces musulmans n’ont pas le droit de fêter Noël par exemple et ils devraient travailler ce jour là ». Un autre décide d’immigrer au canada, car il ne se sent plus français en France, cette belle France envahie par les immigrés, disait-il. Monsieur Lepen va encore plus loin et utilise une affiche ridicule dans laquelle le drapeau algérien et les minarets couvrent toute la France, etc. les exemples se multiplient d’un jour à l’autre et mes yeux s’ouvrent de plus en plus sur des vérités atroces où la discrimination est devenue une banalité quotidienne. Pourtant, des pays voisins comme l’Angleterre et l’Espagne ont utilisé cette mixité de couleurs et cette différence culturelle dans le but d’enrichir les intérêts économiques du pays. Et quand on discute avec eux, ils sont choqués par ce modèle français « lepéniste » qui ne cesse de dominer les mentalités. Conséquence logique d’un capitalisme individualiste, cette politique est devenue aujourd’hui « vieille » et dépassée et au lieu de chercher à « trier » quotidiennement des couleurs, faudrait-il plutôt peindre une nouvelle France en utilisant ces différentes couleurs? Je n’apprécie pas beaucoup ce discours polémique mais mon choc et ma déception sont grands et mon pessimisme ne cesse de me réduire à un être dont l’existence absurde de cette réalité injuste l’obsède. Ce que je ressens aujourd’hui dans ce pays immense par sa culture historique est encore plus profond que ce que ressentait Meursault de Camus. je suis inquiète et rien ne vient mettre fin à cette polémique qu’est devenue existentielle pour la majorité de la classe politique! Parfois, le pathétique de certaines situations m’attriste et me fait rire en même temps. Mais que faire, on est souvent aveuglé sur ses propres défauts et on ne voit que ceux des autres, car le miroir qui reflète nos travers tous les matins n’est même pas authentique…Je rêve juste d’une terre qui appartient à tous les Hommes et sur laquelle on n’est pas identifié à un registre certifié par un autre Homme…on a juste le droit de rêver…Pour l’instant…il est loin…

Scène3
C’est l’aube, il s’est réveillé de bonne heure pour mettre en œuvre les derniers préparatifs d’une grande journée, une journée qui s’annonce difficile et longue. C’est la phase finale de l’achèvement du barrage, un chef d’œuvre de la vie, de l’avenir, du bonheur…
Le père : monologue
Que le jour soit ensoleillé
Et que la terre m’ouvre ses bras
Que le vent soit émerveillé
Et que je puisse couvrir le sol de draps
Aujourd’hui, c’est ma journée,
C’est le lancement de mon épée
Le jour de ma naissance
Et la fin de ma déchéance
Je me réduis à l’acte
Et je signerai le pacte
L’acte de ma création
Et l’arche de ma consécration
Se réunissent sur la même terre
Aujourd’hui, les coudes se serrent
Et on finit par dissoudre le fer
Au coucher du soleil, mon barrage achevé
Et les bords seront levés
Tous les oiseaux me chantent une symphonie
Et les végétations se prosternent à mes pieds
On fera un festin inoubliable
Et on embrassera le sable
C’est ma fête
C’est la fête de tous les hommes !
C’est l’accomplissement de l’acte
Un acte humain accompli
Et une œuvre d’art finie
Aujourd’hui, je célèbre ma victoire d’homme
Et je mets fin à un drame
Le drame d’une imperfection
Et la réalité rompt avec la fiction
L’Homme est là…
Je suis debout…

Acte III
La vie est un véritable recommencement, un rituel qu’on accomplit du jour jusqu’à la nuit et à chaque lever du soleil, on ne fait que penser à ce soleil qui va se coucher pour annoncer une nouvelle vie après une mort temporaire.
L’acte humain est éternel dans l’espace et dans le temps puisqu’il ne disparaît pas quand les hommes disparaissent. Il demeure dans l’espace et dans le temps, il est repris par la même espèce humaine ou par une autre espèce. Et depuis la nuit des temps, les hommes ne font que poursuivre les œuvres des ancêtres tout en les réalisant dans leur propre contexte biologique et socio- politique.
Hercule demeure…
Fort, fier et conscient …son existence dépend de ses actes et sa vie ressemble à une œuvre inachevée…son destin, c’est lui-même…

Scène1
Le soleil se lève à peine quand il est en train de siroter son premier verre de thé, il est déjà prêt pour commencer son deuxième projet, un puits qui puisse transformer sa terre en un vrai paradis.
C’est ainsi qu’il envisage son prochain projet, dans cet espace fétiche, juste à côté de la maison et où il pense faire jaillir l’eau rapidement…l’eau, ce symbole fort de la vie et de l’existence …il a soif et il a tellement rêvé de boire et d’éteindre cette flamme éternelle.
L’eau : je suis là, un signe de vous, de la vie, je suis possible mais inaccessible.
Hercule : rien n’est impossible et tout est accessible à nous les hommes…nous sommes aussi la vie même et nous créons la vie, éternellement vivants jusqu’à un jour où…
L’eau : ce jour là, moi, je serai toujours là et je continuerai à régner quand vous serez déjà poussière …et…
Hercule : chaque chose a son temps, aujourd’hui, nous sommes là et il faut creuser nos grottes pour faire jaillir les richesses de ce paradis terrestre, notre devoir est maintenant de trouver ce trésor caché pour pouvoir savourer les plaisirs de la vie !
L’eau : je suis moi-même la vie, je vous sers vivants et je vous transforme après la mort en substances naturelles, vous serez le prochain menu des prochaines générations !
Hercule : la mort, la mort, pourquoi la mort ?
On n’est pas né pour être mort, je ne veux pas penser à la mort, c’est fatal, c’est fatal !
L’eau : c’est votre destin pourtant, les humains éphémères…vous êtes la vie et la mort à la fois !
Hercule : nous sommes la vie et nous resterons vivants même après…
L’eau : si vous voulez demeurer, cherchez- moi homme, dépêchez-vous pour me conquérir, usez-vous de votre charme, je suis possible mais inaccessible, je suis la vie !
Hercule : je vous aurai et ce jour là je n’aurais plus besoin de craindre la mort ! La vie est plus forte que la mort, mon puits, c’est la vie…