Essai III, la planète des Hommes
Pourquoi on se trouve parfois face à des situations d’absence quand on est en pleine présence.
On est bien en vie et la preuve ce cœur qui bat et qui nous rappelle chaque fois de regarder l’horloge et de prendre conscience d’un temps qui passe sans laisser vraiment de traces concrètes.
Je me souviens de mon enfance et je me rappelle des étapes les plus marquantes et parfois même de quelques détails mais si je veux les revivre concrètement, je n’arrive pas à saisir mon passé et je sombre dans la tristesse.
Et même si j’essaie de recréer une situation qui appartient au passé proche ou lointain et malgré les mêmes éléments, le même contexte et les mêmes actants, mon projet n’aboutit pas.
Je reviens à mon présent et j’essaie de nouveau de le concrétiser, mais vainement. Les moments du présent sont éphémères et je n’arrive pas à les saisir.
Cette présence absente est due à ce qu’on vit chaque jour. Ces évènements qui se succèdent et se répètent ; des échanges stériles avec d’autres individus ; des regards inquiets ; des comportements bizarres et des réactions multiples…
Cet état des choses nous oblige à choisir un vide solitaire qui nous permet de réfléchir pour combler l’absence de l’autre.
Quant au futur, il se cache là-bas quelque part et on ne peut savoir ce qu’il est réellement ; est-il meilleur ou encore pire.
Tout à coup, j’imagine une situation où l’homme serait capable de connaître le cursus de sa vie depuis sa naissance.
Mais, comment réagirait-il s’il apprenait la mort qui l’attend peut-être le lendemain ? Attend t-il son destin ou essaie t-il de le changer ? Encore serait-il capable de le faire ?
La vieille question du libre arbitre surgit soudain dans mes pensées et je commence à admettre la situation actuelle qui me paraît moins compliquée et plus logique.
L’homme ne doit pas connaître ce qu’il ne doit pas connaître, mais il doit connaître ce qu’il peut connaître et si dieu ou la nature ont fait qu’il soit imparfait, ce n’est pas par hasard.
Il a eu la faculté la plus développée qui est capable de lui permettre la maîtrise de l’univers s’il l’utilise convenablement.
Longtemps, je me suis demandé si l’être humain était capable de répondre à toutes les inquiétudes qui perturbent son conscient et malheureusement, je n’arrive jamais à achever ma quête.
Peut-être faut-il même dire que l’essentiel est plutôt de rester sur cette soif et de demeurer dans cette inquiétude ;
Si l’Homme possède les réponses et les solutions à tout ce qui l’inquiète, ne serait-il pas un être passif et son parcours vital ne serait-il pas réduit à manger, à dormir et à respirer…
L’être humain a eu l’avantage qui le distingue de tous les êtres vivants et il doit, sans doute s’en servir pour qu’il demeure l’être le plus fort sur cette terre.
La raison est forcément le bien le plus précieux dont l’Homme est vraiment fier.
On est là sur cette terre non pas seulement pour manger et dormir, mais on est aussi obligé de réfléchir et de penser …
La réflexion est la raison même de mon existence qui est la seule qui puisse donner un sens à ma vie et si je choisis la situation passive, il ne faut pas se plaindre d’être traité de, ou (d’être identifié à) un animal.
Il faut même renoncer à ce statut de supériorité qu’on s’est toujours attribué et on doit décrire cet être vivant qu’on a toujours considéré comme inférieur en tant qu’égal et entièrement égal.
Par conséquent, il faudrait arrêter de le massacrer, de le manger et de l’utiliser comme moyen de vivre. Il faut plutôt le considérer comme un être qui a les mêmes droits de vivre et de mourir naturellement.
Et cette théorie devient évidente pour tous les êtres vivants qui respirent dans ce monde.
Dans ce cas, on peut juste imaginer la nouvelle situation de cet être humain privé de tout ce qui l’entoure et qui n’a pas le droit de manger ni la viande de cet animal ni les végétaux qu’il a lui-même plantés…
L’Homme doit penser ou il doit renoncer à son rêve de dominer le monde.